Lire une fiche d'intervention avant de la classer
Une fiche d'intervention correcte porte une date, un numéro, la désignation précise de la pièce et le nom de la personne qui a travaillé. Si l'un de ces quatre éléments manque, la fiche reste incomplète et ne servira à rien dans dix ans, quand vous voudrez comparer deux réparations sur la même commode ou le même banc.
Vérifiez que la désignation décrit le bois et non seulement l'objet : « chêne, pied arrière gauche, assemblage à tenon » vaut mieux que « pied ». Pour un meuble restauré, exigez la mention des produits employés : gomme-laque, cire, vernis au tampon. En cas de doute, demandez la fiche d'atelier, celle où l'opérateur note ses passes et ses reprises. Elle existe presque toujours. Elle n'est pas toujours recopiée sur le document remis au client, et c'est souvent là que se perd l'information utile.
Les questions à poser, dans l'ordre
Posez d'abord la question du support : que reste-t-il du bois d'origine ? Ensuite seulement venez à la finition et au délai. Un atelier sérieux répond sur l'état du bois avant de parler de teinte.
Demandez si le meuble sera démonté, si les vis anciennes seront conservées, si les trous bouchés le seront à la sciure du même bois. Demandez ce qui ne sera pas fait : c'est une question plus révélatrice que la liste des travaux. Un siège dont on remplace la paille tressée demande une autre main qu'un siège dont on refait le sanglage ; l'un et l'autre ne coûtent pas la même chose, et l'écart se justifie par la technique, jamais par l'urgence.
Trois points reviennent à chaque rendez-vous : la provenance du bois de remplacement, la nature exacte du produit de finition, et ce qui se passera si une fissure apparaît trois mois après la livraison. Si l'on vous répond que tout est garanti sans préciser ce que couvre la garantie, notez la phrase telle quelle et reposez la question autrement.
Où chercher un document officiel au Havre
Aux Archives municipales du Havre, à la bibliothèque Armand Salacrou, on trouve des fonds de factures d'ateliers havrais du XIXe et du début du XXe siècle. Une facture ancienne aide à dater un meuble et parfois à retrouver son premier propriétaire.
Le service du patrimoine de la Ville du Havre conserve des dossiers sur les immeubles reconstruits après 1945 ; ces dossiers mentionnent souvent les menuiseries intérieures, les placards et les parquets d'origine. Pour un immeuble du centre reconstruit, la consultation se prépare : notez l'adresse exacte, l'année approximative et le nom du propriétaire de l'époque si vous le connaissez.
Les actes notariés restent la source la plus fiable pour un inventaire de mobilier. Un acte de succession de 1931 décrit parfois dix meubles en trois lignes. Les minutes anciennes se consultent aux Archives départementales de la Seine-Maritime, à Rouen, et une partie des inventaires est numérisée.
Trois vérifications qui ne demandent personne
Pesez le meuble. Une commode en chêne massif du XIXe siècle dépasse rarement 38 kilogrammes ; une copie récente en panneau alourdi tombe souvent dans les 45 à 52 kilogrammes pour un volume comparable, et la répartition du poids change quand on la bascule sur le côté.
Regardez les queues d'aronde à la lumière rasante d'une lampe de poche : irrégulières et tracées à la main, elles datent d'avant 1860 environ ; régulières au dixième de millimètre, elles sont industrielles. Regardez enfin l'envers des tiroirs : le bois y garde des traces de scie et parfois une marque d'atelier au fer, plus lisible que la signature du dessus.
Aucune de ces vérifications ne remplace l'avis d'un menuisier, mais elles vous éviteront de payer une expertise pour une réponse que vous auriez trouvée seul. Si vous préférez un avis, l'atelier reçoit sur rendez-vous, au 136 impasse Danton, 76620 Le Havre, du lundi au vendredi de 9h30 à 12h30 et de 14h00 à 18h00, le samedi sur rendez-vous ; le téléphone est le 02 89 44 63 44 et l'adresse électronique [email protected].