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Ce qui s'est passé le 21 septembre

La menuiserie rouvre ses portes rue Danton après sept semaines d'arrêt

L'atelier du 136 impasse Danton a rallumé ses lampes le lundi 21 septembre 2026, après sept semaines de fermeture pour remise en état du plancher et de la chaufferie. Nathalie Fournier a repris son carnet à 9h30 précises.

Ce qui s'est passé le 21 septembre

À 9h12, Camille Mercier a poussé la porte coulissante de l'atelier. Elle y travaille depuis dix-neuf ans et connaît cette odeur de sciure de chêne mieux que personne ; le plancher de la grande salle, un parquet posé en 1995 et usé jusqu'à la trame par endroits, avait été refait pendant l'été par une équipe de trois personnes venues de Gonfreville-l'Orcher, tandis que la chaufferie au gaz, installée la même année que l'atelier, fuyait depuis février et ne passait plus l'entretien annuel. Les travaux ont duré plus longtemps que prévu. Deux solives sous l'établi central étaient attaquées et il a fallu les remplacer à la main, sans déplacer les établis voisins, ce qui a repoussé la réouverture de plus de deux semaines. Sept semaines, donc, du 3 août au 20 septembre, portes closes sauf pour un dépôt de clés le samedi matin.

Quarante-huit demandes attendaient dans la boîte mail [email protected] au matin du 21 : vingt-deux réparations de meubles anciens, onze étagères sur mesure, huit cadres, sept restaurations de bois abîmé par l'humidité. Nathalie Fournier a rappelé les vingt premiers dossiers dans la journée.

Ce qui s'est passé le 21 septembre

Ce que la fermeture a changé pour les habitués

Pour les clients du quartier, l'interruption a des conséquences très concrètes.

Une dame de la rue de Turenne, à deux rues de l'impasse, attend depuis le 12 juillet que sa commode Louis-Philippe soit consolidée ; elle avait posé dessus un carton, puis deux, puis n'avait plus osé l'ouvrir, et le meuble est encore dans son entrée, sur cales, avec un ruban adhésif rouge posé par Camille Mercier pour repérer le tiroir gauche.

Guillaume Leroy, au service client, a reçu pendant la fermeture une soixantaine d'appels sur le 02 89 44 63 44. La plupart demandaient simplement si l'atelier existait encore.

Trois personnes ont proposé de venir aider bénévolement à déplacer les établis, ce qui n'était pas possible pour des raisons d'assurance et de sécurité.

Une horloge comtoise apportée par un couple de Sainte-Adresse attend toujours son mouvement. Le couple était venu le 28 juillet, la veille de la fermeture, et avait laissé la pièce sur le comptoir en pensant revenir la semaine suivante ; la comtoise est restée dans la réserve, enveloppée dans un drap, sous une étagère de chutes de noyer, et personne n'a voulu la déplacer avant le retour de Camille Mercier.

Camille Mercier estime qu'il faudra environ cinq semaines pour résorber le retard, à raison de six à sept heures d'atelier par jour, sans compter les commandes qui arrivent normalement. Elle ne promet aucune date précise aux clients qui appellent pour la première fois.

Les ateliers de l'automne au Havre

Le calendrier de la rentrée s'est lui aussi décalé. L'atelier devait proposer en septembre deux séances d'initiation à l'assemblage à tenon et mortaise, dans le cadre des Journées du patrimoine ; elles ont été repoussées au samedi 17 octobre et au samedi 24 octobre, de 14h00 à 17h00, avec six places par séance, l'inscription se faisant par téléphone ou par courriel et restant gratuite pour les personnes déjà inscrites en septembre.

Le musée Malraux organise le même week-end une exposition sur les outils de charpentier du XIXe siècle. Trois pièces prêtées par l'atelier y figurent : un rabot à rainurer, une scie à main à denture fine et un vilebrequin. Le prêt a été signé le 4 septembre par Kilergflux SAS, et les pièces reviendront au 136 impasse Danton le 2 novembre.

La bibliothèque Armand Salacrou, place Jules Ferry, accueille le 8 octobre à 18h00 une rencontre sur les archives des chantiers navals, animée par un historien local.

Ce n'est pas un événement de l'atelier, mais plusieurs clients y ont été invités par Camille Mercier, qui y voit l'occasion de parler de la restauration des bois gorgés d'eau, un sujet qui revient souvent quand un meuble a séjourné dans une cave ou un grenier mal ventilé près du bassin.

Les inscriptions aux deux samedis d'octobre se font au 02 89 44 63 44, du lundi au vendredi entre 9h30 et 12h30 puis entre 14h00 et 18h00, ou par courriel à [email protected], et le samedi l'atelier reçoit uniquement sur rendez-vous.

Ce que l'atelier fait, et ce qu'il ne fait pas

Il faut repréciser le périmètre, parce que la fermeture a nourri quelques confusions. L'atelier travaille le bois : meubles libres, étagères, caisses, cadres, restauration de pièces anciennes. Rien n'est posé sur chantier.

L'équipe ne touche ni aux véhicules, ni aux installations électriques raccordées au réseau, ni aux circuits de froid, ni au bâti lui-même ; aucun pesticide ni biocide n'est appliqué, même contre les insectes du bois, ce qui surprend parfois les clients qui apportent une armoire piquée et repartent avec la même armoire et le même conseil : voir quelqu'un d'autre pour ce traitement précis.

Kilergflux SAS ne revendique ni immatriculation de métier, ni licence, ni adhésion à un organisme professionnel. L'entreprise ne fournit aucun service médical, financier, juridique ou de formation. Trois personnes travaillent ici, et trois seulement.

Nathalie Fournier tient les rendez-vous et l'accueil ; Camille Mercier conduit les travaux, du débit à la finition ; Guillaume Leroy répond au téléphone et suit les dossiers ; l'atelier fonctionne depuis 1995, sans interruption autre que celles liées aux congés et à cette remise en état, et ces phrases figurent sur les devis depuis des années sans avoir changé pendant l'été.

Aucun montant de revenu, aucune promesse de résultat, aucune place réservée ne sera avancé pour convaincre qui que ce soit de venir. Les devis indiquent un prix et un délai, point.

Le quartier, entre gare et bassin

L'impasse Danton se trouve dans un secteur où les artisans sont peu nombreux depuis la fermeture de plusieurs petits ateliers du côté de la rue de Paris. Le tramway passe à quelques centaines de mètres, et la ligne de bus 3 dessert l'arrêt le plus proche. Les clients viennent souvent à pied, un meuble sur une planche à roulettes, ce qui explique que beaucoup habitent à moins de vingt minutes.

Une restauratrice du quartier Saint-François a apporté en juillet un comptoir en chêne qu'elle voulait faire raccourcir de huit centimètres pour gagner du passage. Le comptoir est reparti le 24 septembre, raccourci, avec un chant refait à la main.

Elle a payé 340 euros, un prix qu'elle jugeait correct pour deux jours et demi de travail.

Le magasin de matériaux de la rue Marceau a continué de livrer pendant la fermeture : deux plaques de contreplaqué de bouleau de 18 mm sont arrivées le 9 septembre et attendent d'être débitées ; le fournisseur de colles et de vernis, basé à Caen, a maintenu ses tournées sans interruption.

Reste une question que plusieurs personnes ont posée : l'atelier restera-t-il au 136 impasse Danton ? Oui. Il n'y a pas d'autre adresse, pas d'annexe, pas de dépôt ailleurs, et c'est le seul lieu où les meubles sont déposés et repris.

Le calendrier de la rentrée s'est lui aussi décalé.

Guillaume Leroy, Service client

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