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L'atelier de l'impasse Danton rouvre ses portes après trois semaines de travail sur un banc de Saint-François

Le banc de chêne du square Saint-François, que l'on croyait perdu après la tempête de février, a retrouvé sa place le 26 septembre, et personne n'y croyait vraiment. L'atelier Kilergflux, situé au 136 impasse Danton à Le Havre, a passé trois semaines à le restaurer presque entièrement.

Un banc que tout le monde avait condamné

Quand la charpente du kiosque du square Saint-François a cédé sous les rafales du 12 février 2026, les agents des espaces verts ont d'abord cru que le banc de chêne massif, installé là depuis 1978, partirait directement en déchetterie. Le mobilier était fendu sur plus de deux mètres, une des consoles de fonte manquait et le dossier avait perdu quatre lames entières. La Ville a tout de même demandé un devis de restauration, presque par acquit de conscience.

Nathalie Fournier, qui tient l'agenda des rendez-vous chez Kilergflux, se souvient de l'appel. Elle a noté la demande un mardi matin, entre deux visites de particuliers venus pour des étagères sur mesure. Le devis est parti le lendemain.

Un banc que tout le monde avait condamné

Trois semaines à l'atelier de l'impasse Danton

Camille Mercier, qui dirige les travaux, a récupéré le banc le 3 septembre avec une camionnette de location, car l'atelier ne possède pas de véhicule assez long. Il a fallu découper la partie pourrie, retrouver un chêne de même essence et de même veinage, puis refaire les assemblages à tenon et mortaise selon la méthode d'origine. Le bois de remplacement vient d'une scierie de Bolbec, qui a fourni deux plateaux de 63 millimètres d'épaisseur pour 48 euros pièce.

La console de fonte manquante a été reproduite par un fondeur de Gonfreville-l'Orcher, à partir d'un moulage réalisé sur la console survivante. Le délai annoncé était de dix jours, il en a fallu quinze. Les horaires de l'atelier, du lundi au vendredi de 9h30 à 12h30 et de 14h00 à 18h00, ont été élargis deux samedis de suite pour rattraper le retard, sur rendez-vous. Le banc a quitté l'impasse Danton le 25 septembre à 16h40.

Ce que le square a retrouvé

Le banc est retourné à sa place le 26 septembre au matin. Il a été boulonné sur des platines neuves, légèrement en retrait de l'emplacement initial, pour éviter que le passage des joggeurs ne fragilise à nouveau les pieds. L'association des Amis du square Saint-François, présidée par Hélène Vasseur, a organisé un petit pot à midi, avec une trentaine de personnes. Parmi elles, plusieurs habitants du quartier de l'Eure, venus en famille.

Ce qui change pour les riverains tient à peu de chose, mais compte. Le square n'avait plus qu'un seul banc utilisable sur cinq depuis le printemps, et les après-midi de septembre y sont encore doux. Les personnes âgées qui descendent de la ligne 3 au stop « Square Saint-François » peuvent de nouveau s'asseoir à l'ombre du grand hêtre, à condition que le vent ne tourne pas.

Camille Mercier a profité du chantier pour traiter le bois contre les insectes à l'atelier, avant la pose, avec un produit appliqué au pinceau, jamais sur place. L'odeur a disparu en deux jours.

Des commandes qui suivent le mouvement

Depuis la réinstallation, l'atelier a reçu sept demandes de restauration de mobilier, dont trois proviennent de commerces du centre-ville. Guillaume Leroy, au service client, note que les particuliers qui appellent au 02 89 44 63 44 mentionnent souvent le banc, sans avoir vu le chantier de près. Deux dossiers concernent des tables de ferme normandes, un autre un vaisselier du début du XXe siècle, abîmé par un dégât des eaux.

Rien n'indique que cette série se poursuive, et l'atelier ne s'engage sur aucun délai avant d'avoir vu la pièce. La structure travaille debout depuis 1995 et connaît des mois creux comme des mois pleins.

Le kiosque du square, lui, n'est toujours pas reconstruit. La Ville doit statuer sur son avenir avant la fin de l'année.

Ce que l'atelier ne fera pas

Kilergflux ne touche ni aux véhicules, ni aux installations électriques raccordées au réseau, ni aux circuits de froid, ni aux murs et planchers d'un bâtiment. L'entreprise ne réalise aucune pose sur chantier et n'applique aucun pesticide ni biocide en extérieur. Elle n'a pas de numéro de TVA ni de licence professionnelle à communiquer, et n'appartient à aucun organisme de certification.

Les demandes se font par téléphone ou par courriel à [email protected]. Les personnes qui veulent voir un échantillon de chêne ou de noyer peuvent passer à l'atelier, à condition d'avoir pris rendez-vous auprès de Nathalie Fournier.

Une question revient souvent : combien de temps un banc comme celui de Saint-François peut-il tenir dehors ? La réponse honnête est qu'un chêne entretenu tous les trois ou quatre ans, avec un saturateur appliqué à la main, reste solide plusieurs décennies. Mais un hiver sur le front de mer, à l'exposition du quai de l'Europe, use le bois deux fois plus vite qu'à l'abri des immeubles.

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