Le bois avant le dessin
Le point de départ n'est presque jamais un plan. C'est une pièce existante, un meuble hérité, une bibliothèque qui ne passe plus sous la poutre, une commode du début du XXe siècle achetée aux Puces de Montivilliers. Nathalie Fournier fixe le rendez-vous, généralement du lundi au vendredi entre 9h30 et 12h30, ou le samedi si le client ne peut pas se libérer en semaine. Elle note trois choses : les dimensions relevées au mètre ruban, l'essence visible sous le vernis et ce que la personne accepte de perdre.
Camille Mercier prend ensuite le relais dans l'atelier de l'impasse Danton. Elle examine les assemblages, cherche les traces d'anciennes réparations, passe la main sous un plateau pour sentir un placage qui se décolle. Une commode en chêne du pays de Caux n'appelle pas le même travail qu'une table de ferme en hêtre. Nous ne travaillons ni sur les véhicules, ni sur les circuits électriques, ni sur le bâti d'une maison, et nous n'appliquons aucun pesticide.
Le devis part par courriel à [email protected] dans les jours qui suivent. Il indique le nombre d'heures estimé, la nature des fournitures et le délai de séchage entre deux couches de finition.
Vérifier avant de couper
Une planche mal choisie coûte plus cher qu'une heure de discussion. Avant de débiter, nous vérifions l'humidité du bois avec un appareil à pointes, nous regardons le fil, nous repérons les nœuds qui fragiliseront un tenon. Pour une restauration, Camille Mercier compare les moulures avec celles d'un meuble conservé aux archives municipales du Havre, rue Jules-Lecesne.
Le contrôle ne s'arrête pas là. Un tiroir qui coulisse mal sur un meuble ancien vient parfois d'un montant voilé, pas du tiroir lui-même. Une étagère qui plie sous le poids des livres tient rarement au bois : elle tient au mode de fixation.
Guillaume Leroy, au service client, reprend chaque fiche avant l'atelier. Si une cote manque, il rappelle le numéro 02 89 44 63 44. Si le client hésite entre deux hauteurs, il propose un gabarit en carton, découpé à la main, que l'on pose sur place avant toute coupe.
Corriger sans cacher
Une erreur de cote arrive. Elle a coûté, en mars 2024, une étagère trop courte de 27 millimètres pour une cuisine du quartier des Halles. Nous avons repris la pièce, sans facturer le remplacement, et signalé le défaut au client avant qu'il ne le remarque.
Toute correction suit le même chemin : la personne qui a constaté l'écart le note sur la fiche atelier, Camille Mercier décide de reprendre ou de remplacer, Guillaume Leroy prévient le client avec une date de reprise. Aucune correction n'est présentée comme un geste commercial. C'est la suite normale d'un travail.
Nous ne garantissons pas de résultat sur un meuble très dégradé, et nous refusons les pièces dont la structure ne peut plus porter. Dire non fait partie du métier.
Ce qu'une information devient
La rubrique notes reçoit des messages sur le patrimoine havrais : une devanture ancienne rue de Paris, un escalier à rampe en fer dans un immeuble de 1908, une charpente menacée près du bassin du Commerce. Un signalement n'est jamais publié tel quel.
Il est recoupé avec ce qui existe : photographies anciennes, permis conservés, articles de presse locale, témoignages de riverains. Si un doute subsiste, nous le disons dans le texte. Le courriel [email protected] reste ouvert du lundi au vendredi, 9h30 - 12h30 et 14h00 - 18h00.
Une information qui ne tient pas debout est écartée sans commentaire. Une information solide est publiée avec ses sources visibles et la date de sa vérification.